Comme si de rien n’était

Je ne m’imagine pas.

Je ne m’imagine pas, qu’à environ 20 ans tout ce qu’il a de plus beau au monde se prépare tranquillement en toi. Sans que tu ne le veuilles vraiment; encore moins y sois prête. Je ne m’imagine pas que la plus grande décision de ta vie à ce moment en soit une où un imposteur t’impose ses règles puisque tu n’as plus les tiennes; depuis plusieurs semaines. Mais comme les choses sont ce qu’elles sont, la décision n’en est pas vraiment une puisque le reste de la vie en dépend. De toute façon, tu attendras le bon; et le bon moment, right? Alors je ne m’imagine pas l’épreuve. Un simple rendez-vous et que c’est tout.

Je ne m’imagine pas quelques années plus tard. Occupée à chercher quelqu’un, ou semi-chercher comme tout le monde dans ta situation. Priorisée par le travail, l’accomplissement de soi, être celle devant les autres et toutes préoccupations frivoles et sociales dans le genre. Que tu sois toujours aussi belle, de plus en plus vivante; comme tes amis le disent. Et puis, que ça se reproduise en quelques sortes quelque part dans le trop vite. Mais bon, cette fois-ci il y a du support à côté; des responsabilisés prises. Quelque chose dans un silence réconfortant qui te fait dire « cette fois-ci c’est ok ». C’est beaucoup en peu de temps, mais il y a une confiance; c’est une bonne décision. Et donc, neuf mois, nouvelle vie.

Je ne m’imagine pas que ça ne se passe pas si bien. Que s’empilent les malchances dans le fatidique. Un peu comme si c’était dans le scénario du encore, mais cette fois-ci forcé. Parce que complications, interventions, opération plus tard, non-seulement es-tu parent, mais déjà bien incompétente et incapable de t’occuper de ta merveille. Bien entendu que tu ne l’es pas, mais tu as le sentiment tenace. Quelques jours au moins, parce que tu es comme ça. Puis, je ne m’imagine pas qu’au moment où la douleur se place dans ta tête, elle se répand à ton corps. Douleur d’urgence, parce qu’en plus de tout le reste, il y a eu erreur; quelque chose qui n’existe que dans le évidemment. Résultat net, on te réveille avec de l’incohérence qu’un « Désolé mademoiselle, mais il a fallu prendre une décision » n’expliquera jamais assez. L’opération est un succès, mais sa conclusion est plus près d’une catastrophe.

Je ne m’imagine pas que ça ne se passe pas si bien, ensuite. Que ce n’était pas tout. Que la décision médicale ait engendré un encore subséquent. Que cette fois-ci, c’est invisible, mais tout sauf inerte. La malchance qu’on traite en détruisant; en te demandant de le faire joyeusement, avec consentement, avec Force. Que des traitements qui s’empilent. Toujours plus difficiles. Qu’une fois au bout, c’est l’opération; forcée. Encore. Et que maintenant, t’en sois amputée.

Et je ne m’imagine pas un seul instant que ça ne se passera pas si bien… parce que ça revient; ailleurs, plus fort. Que tu sois physiquement, moralement et mentalement totalement métamorphosée. Que 5 ans après être entrée à l’hôpital pour le plus beau jour de ta vie; tu n’en sois jamais totalement ressortie. Je ne m’imagine pas.

Et alors, au final quoi. Je te raconte, mais je ne m’imagine pas me plaindre de la seule chose que tu as dit t’attendre. Je ne me plains pas de ne pas être plus présent à « cause de » ou « parce que ». De ne pas chercher à t’aider puisque que tout le monde le fait déjà trop, anyway. De ne pas vraiment en parler quand on se voit parce que dans le fond, ce n’est pas ce que tu subis qui te définie.

Peut-être parce que tu veux pouvoir encore te reconnaître un peu quelque part. Peut-être parce que tu en as soupé d’entendre les doléances de gens impuissants depuis le temps. Peut-être parce que tu veux pouvoir penser aux autres en quelque sorte. Peut-être parce que ça a toujours été un peu comme ça toi et moi; who knows. Donc, je fais ce que je fais de mieux : comme si de rien n’était.

Mais j’haïs ça.

Les Univers parallèles

La brume.

Comme celle du matin, celle tranquillement rassurante, qui ne brusque rien. Il n’y a pas mieux comme moment. Plongée dans l’automatiquement du silence et attachée par la proximité solitude; de l’inexistence future. Le là, maintenant, tout de suite. Éphémère. Simple.

Dans cette brume, pour certains, il n’y a qu’une, seule, façon d’être. Un moment d’immobilité totale dans un monde aveugle de toute façon. D’où il n’y a aucune fuite clandestine parce qu’aucune perception dérivée. Une quiétude qui permet tout ce qui se passe dans le maintenant, avec un avant inimportant et où ce qu’il y aurait dans le lointain ne les implique justement pas; à la fois. Comme un statu quo, la seule chose qui fasse du sens si un sens décide d’exister. Stable. Fermé. Qui donne le réconfort d’être maître incontesté de toutes les possibles et autant de les éviter. C’est un endroit où être n’a pas besoin de compter. Pas besoin d’être perçu comme l’un de meilleurs par ceux qui épient ni d’avoir l’impression d’être inadéquat pour ceux qui comptent; ou pourraient compter. Un lieu qui laisse n’en avoir rien à faire d’une vie remplie, même sans les « mais ». Qui n’a de secrets que pour ceux qui ont besoin qu’ils en aient et pour lesquels ils n’ont rien à dire sur ce que ceux-ci en pensent. Un moment, comme un concept tangible, énigmatique, une empreinte; un sous-entendu en continu. Parce que c’est plus simple, simplement, d’être dans le mystère valorisant.

Mais aussi involontairement, ce n’est que de la frime. La vérité est qu’il n’y a pas vraiment de mystère. Que de la fumée plutôt, une diversion. Pratiquement imperceptible jusqu’à même sembler ne pas exister par moment; par mégarde surtout. Ce n’est ni bien ni mal, mais seulement; au détriment de. Pour éviter d’avoir à faire confiance. Comme un lapsus laissé pour compte avec toutes ses premières et secondes significations implicites et/ou inexistantes. C’est un reflexe. Une machinerie interne, depuis longtemps, qui crée un espace où entassent et s’entassent tout ce qu’ils sont. Leur désir d’égoïsme, leur vouloir en besoin et leur émotivité par faiblesse. Chose par laquelle ils ne sont plus désormais que la multitude de versions d’eux-mêmes. Une série de clones qui se multiplient au besoin, ou sur commande, et toujours un peu différents. Comme une collection de clichés de la même personne placés si près les uns des autres qu’on y voit qu’une image complète lorsqu’on n’y porte pas attention. Mais qui ne l’est pas, ne l’est plus; en fait. Parce qu’en étant ancrés au centre de cette absence de total pour que s’ouvrent toutes les autres réalités sans devoir tenir compte des impossibilités, derrière un engrenage de réponses toutes faites pour lesquelles leurs propres questions filtrent ce qu’ils ne veulent pas savoir déjà, il y a une conscience tangible d’être, au moins, plus que seulement peu. Avec chaque dimension alternative, comme une partie d’eux-mêmes qu’ils mettent de côté au besoin, ou sur commande, ils peuvent être exactement ce qu’on s’attend d’eux et invisibles dès qu’on s’attend qu’ils soient eux-mêmes; à la fois. Pas grave ce que ça en dit sur eux, pas grave que ça prouve qu’ils ne sont qu’incomplets. Parce qu’à travers tout ce qu’ils gardent dans le non dit, avec tout ce qui est et ce qu’il y a dans le et si, ils peuvent faire semblant; d’être comme. Et exister dans un épisode quelconque pour quelqu’un d’autre, figé dans le temps qui ne compte plus que pour la douce mémoire sélective. Convaincus qu’en faisant comme si de rien était ils protègent, à travers toutes les Univers parallèles, tout et ceux qui importent vraiment. Que tout le monde gagne. Fair trade.

Et alors, au final quoi. Ça les rend souvent charmants, parfois même attachants s’ils s’y mettent. Et je m’imagine des fois qu’ils tentent d’oublier, tout simplement.

Oublier qu’elle n’est pas fait pour durer, leur brume.

Mais come on people

Mais c’est quoi la panique avec le K?

Ça m’a pris un peu de temps à le constater, je l’avoue. Et je suis même à quelques occasions tombé dans le panneau de la réinvention par simplicité phonétique; so what, jugez-moi.

Mais là, on est rendu dans la tendance asservie, dans l’incontournable. Passé la next big thing. Maintenant le must or bust. Pour de vrai. Il semble de plus en plus clair qu’il n’y a plus aucun moyen d’écrire un prénom ou un nom d’entreprise sans se draper dans l’inoriginalité d’une nouvelle façon de l’écrire. Le fait le plus marquant est sans contredit celui de remplacer le « –que » par un K. Rendu là, il y a une interdiction ou un bug; quelque chose. Et qu’on me l’explique, s’il vous plait. Qu’on me l’explique parce que je suis un des Outs. Qu’on me dise à quel moment est-ce devenu si In d’utiliser le K comme ça. Partout inimaginablement. J’veux dire, on a déjà les jeux de mots d’œuf pour la quasi-totalité de son créneau en restauration qui, aussi tragiques le soient-ils tous, ont au moins un rapport avec le principal énoncé. Mais le K, lui, non. Rien. On le plaque partout vu que ça fait avant-gardiste; comme ça, parce que. Ça donne une sorte de crédibilité, je suppose. Dans le fond, qui douterait de la qualité du maître en Mékanik. Ou des goûts d’une société d’Esthétik (même pas certain que le H soit si utile non plus, mais son cas à lui sera pour une prochaine fois). À moins que ce ne soit encore qu’une de ces fausses nouvelles idées, de ces rétro-modes. Où la recrudescence du passé oublié, le deuxième souffle d’une lettre éteinte. Parce que si 26 lettres de l’alphabet plus tard, on nous sort le « q-u », sans compter qu’avec le C, l’hybride qui se la joue aussi tantôt S, à quoi il sert dorénavant le K? À part pour faire apparaitre l’impression d’avoir une pelletée de sable vinaigrée dans l’arrière-palet à chaque fois qu’on a à le prononcer; j’veux dire. Expliquez-moi.

Le pire, ce n’est pas tant la lettre qui me dérange, ni même l’utilisation, ni même l’insertion cahoteuse. C’est le mimisme qui vient avec. Le « ah bin… moé tou d’bôr ». Parce que de toutes les personnes qui pensent en pareil, aucune de celles qui de vive voix et textuellement le prononceraient plutôt « Ah! Oui?! Alors moi aussi d’abord », aucune sur la Terre ne va vous sortir un prénom d’enfant écrit Angélik ou encore Makcim. Avouez. De toute façon, il n’y a pas tant de possibilités pour expliquer le phénomène. On vit dans un monde où les plaies s’épanouissent, dans un bled d’invraisemblable idiotie et de glue spirituelle. Clairement dans TVA; physiquement. Ce reflet social de paresse intellectuelle, d’égocentrisme aveugle et de changement de contenant pour toujours le même contenu perpétuellement vide et moribond. Que de la facilité d’estrades convaincues acclamant tous plagias totalement avoués de n’importe quoi. Que de la magie complaisante d’esprits et nonchalante. Un syndrome tellement clair que je ne sais même plus pourquoi je m’en surprends encore. Sûrement par une sorte d’anti-déni qui s’accroche tant bien que mal ou d’espoir inutilement préconçu; peut-être. Parce que pour le reste, c’est comme disait la dorénavant Légende: The thrill is gone.

Et alors, au final quoi. N’allez pas me confondre avec un de ces fervents de la défense hypocrite de la langue, surtout. (Où sont-ils dans tout ça, btw? Je laisse la question ici) Je suis way trop fan des expressions anglophones, de l’italique, des guillemets et de « l’inventement » de mots – le vrai – pour me soucier de sa préservation. Mais come on, people… c’est comme si on n’avait absolument rien appris de tout le niaisage des corpo-2000 depuis le Y2…

…laissez faire.

*soupirs*

Les premières premières des premiers premiers

Pu capab.

Sérieusement… là. Pu capab des réactions n’ininitiés à tout. Dans tout, pour tout, avec tout et surtout, sur tout. Chaque fois, c’est la même chose. La surprise des surprises dans l’aventure à l’inconnu; le déni dans tout ce qui a de phénomènes communs; à répétition.

Que ce soit pour la première neige d’octobre qui ouvre la porte au festival d’la sortie d’routes et d’la peur maladive du volant à menton où clairement l’expression « il a vu neiger » est d’un de ces sarcasmes épouvantables. Que ce soit pour le retour du soleil chaud après l’hibernation forcée qui ouvre la porte sur toutes les promesses faites d’un été grandiose qui passera trop vite. Que ce soit pour une pluie qui arrive au moment de lassitude automatique qui ouvre la porte à une quiétude rafraîchissante forçant l’arrêt de l’embardée endiablée. Que ce soit l’après l’averse qui ouvre la porte à un beau temps renouvelé comme un deuxième souffle tel un rappel qu’il en reste toujours. Que ce soit pour le vent d’automne qui ouvre la porte à la fermer sur un bag de nouvelle nostalgie accumulée par le biais de nos anecdotes réussies. Il y a toujours, toujours – toujours – cet emporte-pièce de paniqués généralistes « à la » mélodrame moderne. Toujours dans la réaction en absolue finalité qui ne se contient que dans le moment de mais-quessé-ça-j’ai-jamais-été-témoin-de-c’qui-s’passe-en-ce-moment unilatéral, planétaire et universel. Il y a de l’abus.

Pas de farces. À moins qu’il ne fasse complètement gris terne ou maussade laid, vous devenez tous dérangés mentalement, ou? What gives? Comprenez-moi, ce n’est pas que je n’aime pas la première neige d’octobre; celle qui a un quelque chose dans sa magie enfantine. Ce n’est pas que je n’aime pas le soleil qui se sort le nez que du bout  et qui n’arrive jamais assez vite en retour triomphant; celui qui a quelque chose de résurrecteur. Ce n’est pas que je n’aime pas la déverse de pluie intense après un sprint de journées ensoleillées qui semblaient tout à coup subitement interminables; celle qui a quelque chose qui rétabli la paix et l’ordre. Ce n’est pas que je n’aime pas voir ressurgir l’autre côté d’une tempête désirée par l’essence de l’écosystème; celui qui a quelque chose de réconfortant. Et ce n’est pas que je n’aime de ces journées venteuses d’automne qui soufflent les souvenirs jusqu’à ce qu’on ne veuille plus les oublier; celle qui a quelque chose qui nous berce l’imaginaire. Mais de là à se la première-journée-d’printemner au premier Celsius de valeur… en mars. De là à parler de vouloir se trimballer la terrasse… en mars. En manteau-tuque-gants mars. Simplement parce que l’agace de Planète nous appât avec un futur certain, mais toujours à moyen terme; c-o-m-m-e à c-h-a-q-u-e a-n-n-é-e. Vous scrapez tout; pour tout le monde. Vous insufflez le bonheur réel d’un rite de passage de façon totalement artificielle. D’une hâte contagieuse et maligne, vous dérobez le sens de l’accomplissement mérité que sera l’avènement du printemps. Pire, vous écopez ensuite du retour au glacier et de sa dernière bordée au même rythme et essoufflement que le reste d’entre nous. Je ne sais pas de quel droit, mais c’est grave; un symptôme de la tragédie sociale. Comme la course à qui l’exclusif qui déferle avec. Pas grave si c’est de la bullshit, la nouvelle est bonne; parce que l’important est dans le maintenant.

Et alors, au final quoi. Il y a trois types de personnes. Il y a ceux qui s’émerveillent de la hâte éphémère, incohérente et irrespectueuse où les premières premières des premiers premiers font foi de vérité à la puissance du déni. Et puis, il y a ceux qui savent compter.

Mais comme la mémoire collective est un total flop…

CALM. THE FUCK. DOWN.